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L’histoire du Borinage est intimement liée à celle de l'exploitation du
charbon. Au début, vers l'an mille, le charbon était exploité par des
"fourfeyeux" (des fouilleurs de terre). Les veines affleuraient le sol (à
cette époque principalement à Wasmes), ces gens
enlevaient le charbon et éventuellement creusaient. Quand la veine était
épuisée ou devenait trop profonde, ils exploitaient un autre gisement.
L'anarchie qui règnait à cette époque fut finalement réglementée par les
notables de l'époque. Un acte de 1248 et valable pour 3 années, n'autorisait
l'exploitation que de la Pentecôte à septembre, obligeait d'entretenir les
puits, interdisait l'exploitation nocturne et enfin définissait un nombre limité de
puits. Cet acte était signé par divers ecclésiastiques et seigneurs de la
région à cette époque : Wautier l'abbé de St-Ghislain, Julienne la doyenne
de Ste-Waudru de Mons, le chevalier Jean d'Havré, maire de Quaregnon, etc... .
Par la suite les terres des seigneurs devinrent des
concessions. Et l'exploitation du charbon s'organisa dans tout le Borinage. De
Boussu à Cuesmes, les petites exploitations se multiplièrent et les puits
s'approfondissaient : ± 25 mètres au 15ème siècle, ± 40 mètres
au 16ème siècle et ± 120 mètres au 17ème siècle.
Une centrale à charbon permettait de brûler une partie des charbons invendables (auparavant stockés), elle fournissait aussi l'électricité nécessaire aux installations modernes et le surplus de courant était revendu au réseau. Cet investissement se révélait très rentable pour un charbonnage. Dans le Borinage, cette pratique continua jusqu'à la fermeture des charbonnages.
Au 20ème siècle, le manque de concurrence entre industries dans le Borinage avait pour conséquence que les salaires y étaient aussi les moins élevés de Belgique. Après la guerre 14-18, le Borinage augmenta sa production de 23%, grâce à de nouveaux puits : Hensies-Pommeroeul et Espérance à Quaregnon-Baudour. Mais le charbon étranger envahissait le marché. En 1924, pour faire face, les sociétés décidèrent des baisses de salaires de 5 à 10%. Les mineurs Borains partirent en grève. A Quaregnon, les grévistes menèrent des actions très dures : trams renversés, rails enlevés, rues dépavées, La gendarmerie dut intervenir à plusieurs reprises. Finalement, un compromis fut trouvé : la baisse ne fut que de 3 à 8 %. Les mineurs n'étaient pas en position de force car à cause de la surproduction, les sociétés disposaient de stocks élevés. Le déclin des houillères Boraines avait commencé. Les mauvaises conditions géologiques (étroitesse des veines, …) et les installations en général vieillissantes se répercutèrent sur le rendement des mineurs qui était plus bas que la moyenne nationale. Certaines fosses tel que Grand Bouillon à Pâturages et Wasmes ou la Warocquière à Cuesmes fermèrent dans les années 1920. La crise de 1930, entraîna six diminutions de salaires en deux ans. De 1930 à 1932, les fermetures de puits non-rentables s'accentuèrent, y compris ceux appartenant aux plus grandes sociétés. Le n°10 Vedette ( Boussu-bois ), le n°2 Frédéric (Dour), le n°18 Ste-Henriette ( Flénu ), les n°4 et 5 du Rieu-du-Cœur ( Quaregnon ), le n°8 de l'Escouffiaux ( Wasmes ) et n°19 du Grand-Buissson (Wasmes). En 1932, une nouvelle diminution due aux 750.000 Tonnes de stock excédentaires du Borinage (4.000.000 Tonnes pour la Belgique) engendra une grève sauvage de 10.000 mineurs le 16 juin. Le 6 juillet, tout le Borinage ( ± 300.000 travailleurs ) stoppa le travail. Le mouvement gagna d'autres bassins miniers (le Centre, Charleroi, ...). Après une médiation du gouvernement, le travail repris le10 septembre. Mais la satisfaction n'étant que partielle d'autres grèves éclatèrent en 1933.
Les salaires ne faisaient que diminuer et les fermetures continuaient. Le nombre total d'ouvriers mineurs Borains, qui était de 35.521 en 1929, tomba à 22146 en 1934. Après la guerre 40-45, le métier de mineur n'avait plus grand succès, on commença alors à faire venir en Belgique plus de travailleurs étrangers, beaucoup d'Italiens, mais aussi des Espagnols, des Grecs, etc … En 1951, la Belgique signa le traité de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (la CECA) qui ouvrit les frontières, et fit baisser le prix du charbon. Malgré des dédommagements payés par la CECA, les mines belges fermèrent les unes après les autres. Dans le Borinage, le premier puits à arrêter suite au plan de récession de la CECA fut le puits n°4 Grande Veine à Dour, le 12 mai 1952, ensuite il y eut : le n°7 Ste-Louise à Hornu, le n°17 St-Guillaume à Cuesmes en 1957, le n°3 Grand-Trait à Frameries en 1958, les n° 11 et 12 Crachet-Picquery à Frameries en 1960, le n°10 de Grisoeul à Pâturages en 1960, le n°2 du Rieu-du-Cœur à Quaregnon en 1960, le n°1 Ste-Cathernie à Dour en 1961, le n°2 l'Espérance à Quaregnon en 1966, l'Heribus à Cuesmes en 1968 ainsi que le puits n°3 l'Espérance à Tertre en 1971. Cette liste, non exhaustive, se termina par le puits "les Sartys" à Hensies. Le 31 mars 1976, ce puits fut le dernier du Couchant de Mons, à fermer ses portes.
* Le Couchant de Mons : comprenait les charbonnages à l'ouest de Mons : ceux du Borinage, mais aussi ceux de Bernissart, Hensies, etc... |
Dernière modification: 14/01/2005 |
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